Des stocks à reconstituer d’urgence

Après deux mois de confinement qui ont vu la demande d’aide alimentaire bondir de plus de 20%, les stocks des Banques Alimentaires sont au plus bas. Si les dons d’industriels et de partenaires ont permis de limiter les dégâts, des collectes ont malgré tout dû être organisées sur tout le territoire en juin et en juillet. Avec parfois quelques originalités.

Plus de bénéficiaires mais moins de bénévoles

Moins de bénévoles, des magasins désorganisés, des distribution moins fréquentes... le confinement a fortement impacté la ramasse quotidienne de produits frais. Au même moment, la demande d’aide alimentaire augmentait partout en France forçant les antennes à puiser largement dans leurs stocks de produits secs. « Depuis fin mars, nous sommes passés à 30 tonnes de produits distribués chaque mois, soit une hausse de 20% par rapport à la normale », explique Pierre Buffo, Président de la Banque Alimentaire du Gers. « A cette cadence, nos stocks de produits secs et longue conservation allaient être épuisés avant la fin de l’été. On ne pouvait pas se permettre d’être en rupture de stock ».

La collecte de printemps habituelle n’ayant pu se tenir au mois d’avril, une collecte exceptionnelle a été organisée les 27 et 28 juin, « dès que nous avons eu la confirmation que le déconfinement se passait bien et que l’on ne prenait pas de risque inconsidéré ». Une grande campagne de communication a été menée localement 3 semaines avant l’événement afin de mobiliser un maximum de bénévoles et sensibiliser le grand public. « Nous avons fait 32,45 tonnes, contre 35 tonnes d’habitude, mais avec 10 magasins en moins. L’accueil des consommateurs a été très bon : il y avait logiquement moins de monde mais des gens très concernés et très motivés ».
Du côté des bénévoles, on a également répondu « présent », avec près de 200 personnes sur le pont dont 10 chauffeurs. Si cette mobilisation fait chaud au cœur, tous les départements ne sont pas forcément logés à la même enseigne comme l’explique Robert Gaillard, Président de la Banque Alimentaire de Charente-Maritime : « entre 15 et 20% de nos bénévoles n’ont pas repris le travail et 10% d’entre eux m’ont annoncé qu’ils ne reprendraient sans doute jamais. Et c’est la même chose chez certaines associations partenaires. Sauf qu’on ne peut plus fonctionner en petite équipe comme pendant le confinement, il faut reprendre les ramasses de produits frais, préparer les colis… Cela nécessite des bras qu’on n’a pas forcément ».

Une première collecte « dématérialisée »

collecte dematerialisee

Dans le Calvados, on a imaginé un nouveau moyen de mobiliser le grand public et de collecter des denrées tout en mobilisant moins de bénévoles : la collecte dématérialisée. « Le principe est simple », explique Alain Andrès, chargé de communication de la Banque Alimentaire du département. « On distribue un flyer aux clients à l’entrée du magasin. Sur celui-ci, il y a un code-barre qui, une fois scanné en caisse, valide un don client de 5 euros. A la fin des deux journées de collecte, la cagnotte perçue en caisse est transformée en denrées ».

Quatre magasins ont joué le jeu pour cette expérimentation qui s’est révélée être un franc succès avec 2735 flyers remis en caisse, soit l’équivalent de 14 tonnes de produits. « L’an dernier, nous avions fait 12,7 tonnes sur ces mêmes magasins », reprend Alain Andrès. « Le dispositif présente l’avantage d’éviter les opérations de mise en caisse et de tri des produits, et permet donc aux bénévoles d’être plus disponibles pour sensibiliser les donateurs. Nous ciblons également les produits que l’on souhaite obtenir en fonction des besoins identifiés … c’est plus simple pour tout le monde ». 

Si des collectes plus traditionnelles ont également été organisées sur une vingtaine de magasins entre juin et juillet, les équipes au niveau national réfléchissent déjà à la possibilité d’étendre ce nouveau format pour la grande Collecte Nationale de fin novembre, qui va se tenir dans un contexte bien particulier...